(France) …Une de mes amies m’avait conseillé votre livre... elle me disait “j’ai l’impression... que c’est toi qui parle, c’est impressionnant Najia!! Il faut impérativement que tu le lises…” Je suis donc allée l’acheter en Librairie... Je l’ai dévoré... bu chaque mot une liqueur douce... j’ai pleuré, j’ai partagé la douleur, la souffrance de cette femme... j’ai vécu à travers elle chaque seconde, le combat qu’elle a mené, son courage et sa force, elle a osé... oser dire “non”... Enfin, une femme dans laquelle je me reconnaissais dans le combat que j’ai toujours mené, oser dire non aux valeurs qu’on veut nous imposer, au paraitre, à l’image que la société veut que nous reflétions, à accepter une situation qu’on veut nous imposer, comme si la refuser fait de nous quelqu’un de différent, quelqu’un qui viole les traditions, les cultures, la famille... Alors qu’on fond, c’est la pression familiale, le qu’en dira-t-on duquel on veut se préserver... le regard du voisin... de ce qu’il va dire, ce qu’il va penser... il faut accepter notre situation, accepter la violence d’un mari, accepter de subir, prendre sur nous, parce que tel est notre destin... Oser, franchir le pas, Oser dire Non, Oser vivre autre chose, Oser s’affranchir, Oser aimer, Oser se laisser aimer... Vous avez mis en évidence, l’être et le paraitre, surtout le “Paraitre”!!!! dont sont si friands nos mères, nos familles... parce que le paraitre est si important, bien plus important que l’être, que ce nous sommes. …. ce fameux “Paraitre” est un poison pour nous... surtout les filles de parents immigrés... Nos parents, les amis, la famille avaient beau être installés en France depuis des décennies (parfois 40 ans!) leur mentalité n’a pas pour autant évolué, changé... A croire (et j’en suis sûre!!) que leur évolution psychologique, si je puis dire ainsi, s’est arrêtée à la date à laquelle ils sont rentrés en France... C’est flagrant, quand on va au Maroc, j’ai constaté l’évolution de la femme, tout un tas de détails qui font la différence, et nos mères, nos tantes, nos voisines elles sont restées figées aux traditions d’une autre époque!!! …. ce qui importe... c’est ce que voient les autres... ce que vont penser les autres... Il faut accepter sa situation... accepter de subir.. J’ai vu mes amies subir la violence de leurs hommes, de leurs enfants (de leur fils!!!), accepter de leur mari l’humiliation, la violence, accepter la soumission... au point de ne plus exister, de ne plus être... de devenir  “celle” qu’eux veulent qu’elle devienne... Comme je vous admire, Siham... vous avez eu la force de l’écrire... vous avez eu l’art de le dire, de faire passer le message... Je ne pense pas qu’une autre aurait pu mieux faire. Je vous admire pour avoir écrit noir sur blanc le “tabou” de notre société, de notre culture... Il y a tant de sensibilité dans votre écrit... Je me suis battue quant à moi, contre les traditions obsolètes, tout en les respectant... J’avais soif de liberté et d’indépendance... Je me refusais à vivre ce que vivent mes amies, ce qu’elles ont acceptées “parce qu’elles n’ont pas eu le choix.... parce que c’est comme ça...”... Je voulais bien respecter les convenances mais pas à l’encontre de mes principes, de mes valeurs, de ce qui me faisait.. … Une de mes collègues et amies vit ce que vous avez si bien raconté dans “Oser vivre”, et pourtant, mon amie est bien française... comme quoi, il n’y a pas de frontières dans les us et coutumes d’un ancien temps.... et je lui ai dit d’aller acheter votre livre en librairie... livre qui lui donnera peut-être le courage d’oser vivre, 50 ans après... Najia El B.

(Maroc)…J'ai dix sept ans. J'ai acheté votre livre sur un coup de tête. Je suis entrée au carrefour des livres comme de coutume, ne sachant pas sur quoi mon choix porterait. Surement pas sur de la littérature maghrébine encore moins sur votre roman. J'ai été subjuguée par votre style d'écriture dès la première page. J'y ai décelé cette profondeur qui caractérise les auteurs algériens, ou maghrébins de façon général que j'aime tant. Ca m'a rappelé un peu le style de Assia Djebar et je me suis laissée tenter par vos trois romans. Oser vivre, Chama, et Amoureuses. J'aurai voulu en acheter d'autres, mais seuls ces trois étaient en vente. Hier j'ai fini oser vivre, et j'ai entamé aussitôt Amoureuses. Que dire de votre livre...sinon un grand grand grand Bravo. Vous aviez su mettre des mots sur des sensations que je croyais jusque là indescriptibles; Vous avez couché sur le papier mes rêves de jeunes fille, que je porte à présent et que j'espère réaliser à la différence de Nadia qui n'a pas pu le faire. Votre livre m'a tendu un miroir à la fois de mon présent, puisque je me suis vue en Nadia adolescente, mais aussi de ce que mon futur serait si je me laissais gagner par la peur... Ce qui m'a surpris aujourd'hui...en allant chercher votre biographie est de savoir que vous êtes diplômée de la fac de médecine... Mon admiration en est devenue que plus grande à votre égard. Je me suis rendue compte que finalement tout n'était pas perdue pour moi. Une femme qui a pu malgré son parcours scientifique écrire des livres avec autant de beauté : peut être dans quelques années, je pourrai faire la même chose. Nada B.

 (Suisse)  Ma femme Liliane a pris l’habitude de lire, tous les soirs, une petite histoire à notre petite-fille avant de la mettre au lit. En cherchant de sortir des sentiers battus, elle est tombée sur votre livre Contes de Tétouan. Elle l’a commandé. Et c’est en le voyant, que j’ai voulu juste le feuilleter. Mal m’en a pris. Je l’ai lu. Et au vu de mon âge avancé, je croyais que je ne suis plus capable de revivre ne serait-ce que quelques instants de mon enfance. Je pensais que ma machine à remonter le temps était grippée, rouillée depuis bien des lustres.  Ici, dans ce beau pays, néanmoins aseptisé qui est la Suisse, l’huile d’olive est une denrée rare! ….pourquoi j’en parle, de l’huile d’olive? Certainement parce que je suis encore là-bas. Mais c’est où, là-bas? Dans les temps de mon enfance! Ou dans le pays de mon enfance! Je n’en sais rien, ….. Et que tout ça est dû à votre livre…  Je ne vais pas m’attarder sur des éloges qui ont été déjà mille fois dits et écrits par des littérateurs experts sur votre travail. Moi, simple lecteur occasionnel, je n’ai pas de don particulier pour participer à des joutes verbales de haut vol. Mais en tant qu’enseignant bénévole pour des migrants adultes non-francophones, je vais essayer, à mon modeste niveau, de répandre vos contes au-delà des frontières marocaines et de la francophonie en les utilisant en tant que support de cours. Hamda O.